La conception macronienne de l’écologie

En parcourant le document de campagne du mouvement « La République en marche » actuellement distribué, nous sommes rassurés : l’environnement sera « préservé » (soulagement) ! Comment ? En marchant et surtout en passant votre chemin !

l’environnement, ça commence à bien faire !

Avec Emmanuel Macron et sa « team », la politique pot de peinture bat son plein. Une couche de vert et son programme multi-facettes est écolo-compatible. En témoigne sa prise de guerre en la personne de Nicolas Hulot. Si respectable soit-il, restons lucide, c’est avant tout un très bon coup marketing qui se révélera être un écran du fumée avant le premier tour des législatives. L’ex-animateur d’Ushuaia aurait pourtant dû tirer les leçons du Grenelle de l’environnement lorsque Sarkozy en 2007 déclarait à ce sujet « l’environnement, ça commence à bien faire !« . Il risque fort de devoir déchanter de nouveau aussi bien sur le dossier de l’aéroport de Notre Dame des Landes que sur la question du nucléaire. Des sujets sur lesquels il est diamétralement opposé avec Édouard Philippe, l’actuel premier ministre, puisque ce dernier s’est prononcé par le passé contre la loi de transition énergétique et qui est fervent défenseur du projet d’aéroport de Notre Dame des Landes.

Édouard Philippe : un passé radioactif !

Il est à ce propos essentiel de connaître le passé radioactif d’ Édouard Philippe. Nommé en 2007 directeur de la communication et des affaires publiques d’Areva, son activité a consisté essentiellement a faire du lobbying auprès des pouvoirs publics et lui a permis notamment de se rapprocher de Marc Vampa, député de l’Eure et président du groupe d’amitié France-Niger à l’Assemblée nationale(*). C’est à cette époque qu’un accord est signé entre Areva et le pouvoir Nigérien concernant l’exploitation de l’uranium dont ne bénéficient guère les populations locales.

Edouard Philippe a d’ailleurs débauché pour sa communication à Matignon un ancien d’Areva, Charles Hufnagel qui était chargé de minimiser les scandales d’Areva sous l’aire Lauvergeon. Hasard ou pas, on soulignera au passage la candidature de Marie SILIN, suppléante d’Olivia Grégoire aux législatives sur la 12ème circonscription (la nôtre), actuellement responsable des relations institutionnelles internationales chez ENEDIS, ex-ERDF – dont le nouveau compteur connecté Linky a fait allègrement débat en commission parlementaire en raison des ondes électromagnétiques émises et des risques d’atteinte à la vie privée.

Sans vouloir tomber délibérément dans le procès d’intention, cette homogénéité dans les profils des équipes Macron illustre bien la menace que ferait courir une majorité présidentielle à l’Assemblée.  Car il s’agit surtout de mettre en exergue les dangers que représentent une telle concentration d’influences et de relais qui nuiraient considérablement à l’intérêt général.

Flamanville, une histoire de gros sous

Avec de tels représentants il y a de quoi fortement s’inquiéter, en particulier sur la question du nucléaire. Le Canard Enchaîné révélait cette semaine la négligence de l’Autorité de Sûreté du Nucléaire (ASN) dans un article intitulé « EDF irradie de bonheur grâce au gendarme du nucléaire ». Le journal révèle qu’en dépit de nombreuses malfaçons sur une centaine de pièces fabriquées dans l’usine d’Areva du Creusot qui avaient mobilisé experts et contre-experts, le feu vert avait été donné par l’ASN pour le redémarrage de la vingtaine de réacteurs EDF affectés. Il en sera très probablement de même pour la cuve de l’EPR de Flamanville cet été. Il faut dire qu’il s’agit d’une histoire de gros sous. Et quand il s’agit d’argent, la sécurité des français est bien secondaire. Déjà asphyxiée par la note salée engendrée par la construction de l’EPR de Flamanville, dont les retards ont fait passer la facture de 3 à 10,5 milliards d’euros, EDF est contraint d’achever l’EPR de Flamanville pour garantir le contrat signé avec l’angleterre et qui prévoit la livraison de deux EPR sur le site de Hinkley Point.

Des opérations de contrôle d’Areva jugées « critiquables sur le principe » mais quand même « acceptables »

L’ASN et l’IRSN (Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire) devraient également valider le maintient en services de conteneurs destinés au transports des déchets nucléaires malgré les opérations de contrôle d’Areva jugées « critiquables sur le principe » mais quand même « acceptables » (rires).

L’écologie est un des axes forts de notre programme l’Avenir en commun. En particulier sur la sortie du nucléaire et la transition énergétique. Les catastrophes de Tchernobyl et Fukushima ne semblent pas faire jurisprudence en matière d’écologie.

Par Stéphane Galliand – membre de l’équipe de campagne de Patrick Lefrançois.

(*) cf Charlie Hebdo, 29 avril 2009

Sources : Reporterre.net; l’Observatoire du nucléaire; Le Canard Enchaîné.

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