Journal de campagne

Par Stéphane Galliand – membre de l’équipe de campagne

Sitôt les présidentielles passées avec la déception de louper le second tour à 600 000 voix près qu’il faut déjà se remettre en selle avec toute l’énergie nécessaire pour porter nos idées. Une campagne courte qu’il faut mener tambour battant dans des quartiers où il n’est pas toujours facile de convaincre !
Je vais d’abord revenir sur les remarques qui m’ont été faites sur la position de Jean-Luc Mélenchon au premier tour des présidentielles. Certains m’ont fait part de leur incompréhension par rapport à l’absence d’accord avec le PS ou de la consigne de vote qui a été privilégiée pour le second tour.

Rénover la manière de faire de la politique

Sur l’accord impossible avec Benoît Hamon ou par la suite avec le PCF (qui par exemple ne souhaite pas la sortie du nucléaire), il faut comprendre la philosophie du mouvement La France Insoumise. Nous voulons rénover la manière de faire de la politique et défendre en priorité un programme et des idées. Ce programme a été élaboré lors de tables rondes avec tout nos sympathisants et a fait l’objet d’un livre en tête des ventes -« L’avenir en commun »-, diffusé depuis près d’un an. Il n’était pas question pour nous de modifier ce programme au gré d’arrangements politiciens qui l’auraient dénaturé et aurait fait perdre tout le sens de notre action. Cela aurait aussi signifié que nous n’avions pas foi en nos idées et qu’après tout, des calculs politiciens valaient bien de s’asseoir sur nos principes au détriment de l’engagement de tous nos militants. C’est aussi une question de respect vis-à-vis de nos électeurs. Le respect de la parole donnée et des engagements tenus.

Sur la consigne de vote au second tour, car il y a bien eu consigne, nous avons été clairs : pas un vote au Front National. Le procès qui est fait à Jean-Luc Mélenchon est parfaitement injuste. Ce dernier a toujours fait de son combat contre le FN une priorité, il n’a jamais ménagé Marine Le Pen dans les médias et quand il a fallu la combattre en 2012 sur sa propre circonscription à Henin-Beaumont. Jean-Luc Mélenchon a également gagné son procès lorsqu’il a été attaqué pour avoir qualifié le FN de parti fasciste. Nous sommes également parvenus à capter une bonne part de la jeunesse enclin à voter pour le parti d’extrême droite.

Nous ne sommes pas une variable d’ajustement pour faire gagner nos adversaires

Nous avons fait notre part de travail dans la lutte contre le FN. Mais nous ne pouvons être tenus responsables de sa potentielle victoire au second tour. Ce n’est pas systématiquement à nous de devoir éteindre l’incendie et d’oublier ce pourquoi nous nous sommes engagés : apporter le changement tant attendu par les citoyens. C’est oublier aussi la cabale médiatique qui a été faite contre nous à moins de quinze jours du premier tour des présidentielles où tous les coups, toutes les insultes ont été permis. Nous ne sommes pas une variable d’ajustement pour faire gagner nos adversaires mais bien une nouvelle force politique qui veut défendre l’intérêt général, la justice sociale, la préservation de l’environnement. Si le FN n’est ni un parti républicain, ni un parti fréquentable, pourquoi les responsables politiques au pouvoir n’ont rien tenté pour l’interdire ? Je vous laisse y réfléchir. Nos idées ne sont ni le fascisme, ni l’ultra-libéralisme. Notre priorité est désormais de faire valoir nos idées dans dans les institutions et de quitter ce vieux monde politique qui sclérose le pays et prend en otage les français.

Alors que nous tractions dans ce magnifique marché du quartier Saxe-Breteuil dans le 7ème arrondissement de Paris, je songeais à l’incongruité de ce monde à la fois si contradictoire et déconcertant mais aussi plein d’espoir. Les marchés parisiens connaissent un vrai succès et sont un lieu de convivialité où les visiteurs de tous milieux sociaux viennent y garnir leur panier, rencontrer les producteurs et y trouver des produits de qualité.

La pollution des sols ne s’arrête malheureusement pas à la clôture d’un champ en culture biologique

S’il ne fait aucun doute que les gens sont heureux d’être là, comment se fait-il que certains acceptent ensuite de soutenir des politiques qui vont à l’encontre de ce mode vie et ne favorisent en rien la vie de ces petits producteurs et artisans qui se lèvent tôt pour accueillir de bon matin les premiers clients. Ce n’est pas en privilégiant l’agriculture intensive au détriment d’une agriculture raisonnée et responsable que nous parviendront à nous prévaloir de risques sanitaires majeurs ou garantir la sécurité alimentaire. La pollution des sols ne s’arrête malheureusement pas à la clôture d’un champ en culture biologique !

Bien se nourrir comme l’accès aux soins doivent être les droits les plus élémentaires de tout un chacun

Car c’est bien cela que nous défendons à travers notre projet : permettre à chacun de pouvoir manger à sa faim, avec des produits dont on sait qu’ils ne nous empoisonneront pas à petit feu. Bien se nourrir comme l’accès aux soins doivent être les droits les plus élémentaires de tout un chacun. Personne n’est à l’abri d’un accident de la vie et il n’est pas normal que certains soient condamnés à mal se nourrir ou ne pouvoir se soigner. Ce sont aussi les conditions sine qua non d’un retour à l’emploi. À ce sujet on soulignera la fermeture de deux centres de santé conventionnés (Beaugrenelle et Anselme) dans le 15ème arrondissement ce qui accroit un peu plus l’inégalité d’accès aux soins.

Notre programme et notre projet ne sont ni utopiques ni irresponsables. C’est au contraire un choix raisonnable et raisonné !

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