« On a plus des grands hommes d’État » (Virginie Calmels)

Virginie Calmels s’est faite limoger par le chef de file de la droite Laurent Wauquiez. La suite logique d’une droite en déliquescence et en perte de repères, neutralisée par le parti d’extrême-centre ou extrême-libéral La République en marche. Chronique d’un paysage politique en décrépitude. Heureusement, un phare demeure dans la nuit.

Si le parti des Républicains peut nous laisser totalement indifférent par son inconséquence et sa grossièreté, les querelles qui éclatent une fois de plus en son sommet méritent néanmoins quelques commentaires face aux déclarations à l’emporte-pièce de la remerciée Virginie Calmels qui ne se reconnait plus dans « la rhétorique sur le régalien de Marine Le Pen et l’économique de Jean-Luc Mélenchon » (sic) tout ça emballé dans le terme valise de populisme sous-entendu synonyme de démagogie teintée de nationalisme. L’économiste libéral Nicolas Bouzou qualifie même le parti des Républicains de « bouillie mélenchono-lepéniste » dans un tweet repris par l’intéressée. Si on commence à être familiers de ces caricatures confuses, désagréables et insultantes, cela est particulièrement révélateur de l’impasse politique dans laquelle nous nous enlisons.

Car Virginie Calmels milite pour « un gaullisme social » (terme étrange pour dire qu’elle pense un peu aux pauvres) mais surtout « une droite moderne et pro-business, qui lutte contre l’immigration et veut plus de police et de sécurité ». Ce qui peut laisser augurer qu’elle est désormais suffisamment mûre pour rejoindre l’auberge espagnole ultra-libérale d’Emmanuel Macron.

Quand on sait d’ailleurs que Virginie Calmels a contribué au temps de cerveau disponible des téléspectateurs en dirigeant d’une main de fer Endemol France puis a organisé d’une main de maître deux plans sociaux chez Canal+ et Numéricable  » au nom de l’efficacité de l’entreprise et de la compétitivité » on comprend qu’elle vénère le business et que l’argent n’a pas d’odeur. Ce ne sont pas les costumes trop grands et très vaguement sociaux empruntés à la gauche qui pouvaient la satisfaire.

Plus que les fondamentaux empruntés à l’extrême-droite, ce sont les mensonges idéologiques éhontés de Laurent Wauquiez et de ses amis de Sens commun qui ont fait brûler le torchon. Car la droite traditionnelle est désormais acculée à faire ce que faisait encore récemment le Front National sous l’aire Philippot pour draguer les déçus de la gauche avec une ligne faussement et très vaguement sociale.

Pour Virginie Calmels, il est inenvisageable de prétendre vouloir augmenter les bas salaires ou de parler de cadeaux aux riches. Pure « démagogie » qui n’est pas digne « d’un parti de gouvernement sérieux ». La dette générée par l’économie ultra-libérale doit se résorber avant tout au détriment des plus pauvres.

Il n’y aurait donc plus « des grands hommes d’État » osait-elle dire dans l’émission C à vous. Sauf à considérer qu’elle parlait présomptueusement pour son camp, c’est bien ignorer la capacité et le sérieux de La France Insoumise dans les rangs de l’Assemblée, principale force d’opposition et de propositions. Dans la tourmente, à observer le soin que Virginie Calmels apporte pour ménager le camp Macron, on peut avoir de moins en moins de doute sur un possible ralliement. Le champ politique s’appauvrit de jour en jour. Dans la plaine déserte et apocalyptique, quelques hordes titubantes et déboussolées essaient de sauver les apparences face à l’armée de marcheurs qui avancent aveuglément au son des réformes. Heureusement, dans ce marasme, un phare demeure et nous éclaire de son faisceau clair et puissant. Ceux qui s’agitent dans la déroute ne vous le dirons pas mais l’Avenir en commun est bien le projet le plus raisonnable et réaliste dans une économie en roue libre devenue complètement virtuelle. Où la croissance ne peut plus être le critère de référence quand on sait pertinemment que les ressources ne sont pas inépuisables et que la dette écologique survient de plus en plus tôt chaque année. Il faudra légiférer et contraindre les responsables à ne pas s’affranchir de leurs obligations vis-à-vis des citoyens et de notre environnement, en particulier de ceux qui auront eu le plus à souffrir des politiques néfastes d’Emmanuel Macron. Ce temps-là arrivera, ce n’est qu’une question de patience et d’abnégation !

Auteur : Jocelyn L

Coanimateur du groupe d'action France Insoumise Paris 15 Grenelle, je m'occupe particulièrement de l'animation des réseaux sociaux et de notre présence sur le web. Mes centres d'intérêts sont les questions européennes, le droit mais aussi ce qui touche à l'environnement et les nouvelles technologies.

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