Sécurité : leurs problèmes, nos solutions

Par Alex Lessage – membre de l’équipe de campagne

Depuis 2002, avec Nicolas Sarkozy comme Manuel Valls, la sécurité est devenue une question explosive et foncièrement idéologique permettant aux différents gouvernements de droite et de gauche d’aller chercher les voix des électeurs du Front National tout en perpétuant un racisme à peine dissimulé. Au lieu d’un débat maîtrisé, serein et rationnel, nous avons eu droit, en permanence, à une véritable hystérisation de la question où chacun y va de son propre avis en ignorant le réel le plus élémentaire. Le député sortant de la 12e circonscription, Philippe Goujon, ne déroge pas à la règle en bon membre des Républicains. L’un de ses derniers tracts « Lettre aux habitants du quartier Dupleix/Motte-Picquet/Grenelle/Suffren » enchaîne les amalgames grossiers pour agiter les passions mauvaises.

Aussi, s’agit-il de réduire l’insécurité, apparemment grandissante dans l’arrondissement, au problème des migrants présents sur le territoires. Dans sa lutte contre le phénomène, Philippe Goujon fait état notamment de ses faits d’armes. Ainsi, le député a souhaité le renforcement des contrôles de délivrance d’obligations de quitter le territoire français ainsi que des mesures d’éloignement. Il ajoute d’ailleurs qu’une directive européenne prévoit que le droit à la libre circulation reste conditionné, outre le fait de ne pas constituer une menace à l’ordre public, à une assurance médicale et des moyens de subsistance suffisants.
En outre, Goujon rappelle avoir déposé une proposition d’arrêté anti-mendicité agressive au Conseil de Paris – rejetée par la Maire et le Préfet de Police – et s’être entretenu avec les agents de police pour déloger les mendiants aux abords des marchés de l’arrondissement.

Les mesures d’éloignement des mendiants et des migrants sont-elles une véritable réponse au problème ?

Comme nous le voyons, le propos de Goujon est extrêmement succinct et peut se résumer en deux mots : répression et lutte contre les plus démunis, les plus vulnérables et les plus pauvres. Quel critère objectif pourrait permettre, par exemple, de distinguer mendicité agressive et mendicité non-agressive ? D’autre part, les mesures d’éloignement des mendiants et des migrants sont-elles une véritable réponse au problème ? On le fait reculer sans le résoudre ! Précisons, pour être honnêtes, que ces méthodes sont largement partagées par la plupart des maires d’arrondissement de Paris !

Aucune mesure de prévention dans ce tract de campagne municipale, aucune solution pérenne…oui, Philippe Goujon verse dans l’irrationnel dans une guerre aux pauvres indigne d’un élu de la République.
La France Insoumise, avec Jean-Luc Mélenchon, réaliste, poursuit un objectif simple en matière de sécurité : la prévention et la dissuasion. Il faut résoudre les problèmes à la racine pour mieux les endiguer. La sécurité concerne non seulement les forces de l’ordre et les responsables politiques mais également tous les citoyens. Majoritaires à l’Assemblée nationale, voici les mesures que mettront en œuvre vos députés de la France Insoumise.

Élaborer une véritable politique local de prévention de la délinquance

C’est avant tout une police de proximité que nous devons retrouver, supprimée par Nicolas Sarkozy. Après les bavures policières que nous avons connues depuis ces dernières années, il est nécessaire d’instaurer un dialogue permanent et efficace entre la population et les forces de l’ordre. Pour ce faire, nous souhaitons localiser et stabiliser les agents sur un secteur donné afin qu’ils puissent le connaître parfaitement. Et par là même éviter les mutations incessantes. Pourront alors être mis en place des Conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance co-animés par les forces de l’ordre et les citoyens. De même, comme cela est déjà le cas en Catalogne, des questionnaires seront transmis à la population pour évaluer l’action de la police et de la gendarmerie. Ces mesures permettront de cette façon d’enrayer le cycle infernal de l’affrontement entre agents de sécurité et civils pour élaborer une véritable politique local de prévention de la délinquance.

10 000 postes d’agents supprimés sous l’ère Sarkozy

Le problème dont souffrent aujourd’hui les forces de l’ordre demeure toutefois le manque de moyens. Sous l’ère Sarkozy, 10000 postes ont été supprimés que François Hollande, malgré ses promesses de campagne, n’a jamais compensés totalement. La France Insoumise souhaite ainsi recruter 10000 professionnels supplémentaires notamment en formant et titularisant des agents de sécurité au statut précaire et peu qualifié. De la même façon, la formation doit absolument être renforcée pour préparer les futurs professionnels aux situations les plus délicates et le parc informatique être complètement renouvelé et sécurisé.

Les futurs députés de la France Insoumise voteront la suppression de la politique du chiffre

Comme nous l’avons dit, la police et la gendarmerie ne sauraient avoir comme seule mission de verbaliser et réprimer, comme le prône Philippe Goujon, mais de prévenir les délits. Les futurs députés de la France Insoumise voteront la suppression de la politique du chiffre et les primes subséquentes. Ces montants seront redistribués aux agents égalitairement sous la forme d’une hausse de salaire.

Notre programme L’Avenir en commun l’a montré, nous l’avons répété inlassablement durant la campagne présidentielle et nous devons encore une fois le répéter à l’approche des élections législatives : il nous faut penser en termes de système pour éviter les slogans et les punchlines électoralistes qu’illustre parfaitement Philippe Goujon. Au problème de la pauvreté, de l’atteinte insupportable à la dignité humaine, il répond par le tout-sécuritaire. Si la mendicité s’accroît à ce point suscitant des comportements de désespoir chez beaucoup, la faute en incombe principalement à ces politiques néolibérales austéritaires que son parti Les Républicains, malgré parfois une opposition apparente quand le Parti Socialiste est au pouvoir, accompagne depuis plus de trente ans.

Les migrants sont des réfugiés dont nous devons garantir les droits fondamentaux

Enfin, le député sortant semble intarissable sur la question des migrants. Rappelons-lui que ces phénomènes migratoires sont également dus à la politique étrangère irresponsable de Messieurs Sarkozy et Hollande. Nous nous devons, en témoignage de notre commune humanité, les accueillir dignement. Contre l’image d’Épinal du Front National, les migrants sont des réfugiés dont nous devons garantir les droits fondamentaux. C’est pourquoi, outre le combat pour la paix au Moyen-Orient, la France Insoumise souhaite, entre autres, leur réserver un accueil digne en les répartissant sur l’ensemble du territoire européen, dans des structures humaines, et éviter les « hot spots » qui deviennent de véritables centres de détention.

Contre une politique politicienne des passions, la France Insoumise, humaniste, fait le choix de la raison, efficace au service de tous les citoyens de la République.

À lire : Des élus Les Républicains expulsent eux-mêmes des réfugiés installés dans un gymnase.

Notre volet sécurité

Une réflexion sur « Sécurité : leurs problèmes, nos solutions »

  1. Enfin une vraie analyse de cette politique indigne d’une France qui se veut « Patrie des droits de l’Homme », politique menée effectivement par la droite et souvent la gauche qui, sous le quinquennat Hollande a oublié les plus démunis.
    Et Monsieur Gougeon, comme un certain nombre d’autres, confond allègrement, migrants et réfugiés…

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