« demain nous serons tout »

Jean-Luc Mélenchon, le 4 juillet 2017,
à l’Assemblée nationale

« Monsieur le Président, Monsieur le Premier ministre, Mesdames, Messieurs,

Jusqu’où et jusqu’à quand notre patience sera-t-elle encore abusée ? Je m’explique. La France Insoumise attendait avec intérêt et concentration votre discours.

C’est le seul qui compte, car c’est lui qui va être suivi d’un vote solennel sans lequel vous ne pourriez pas gouverner. Nous avons eu deux longs post-scriptum du discours du président de la République, durant deux heures. Pourquoi pas. Moi, je n’ai que dix minutes. Que reste-il de l’apparence même d’un débat parlementaire dans de telles conditions ? Je vais vous le dire pour vous rendre hommage : votre discours mérite mieux que dix minutes de commentaire. Mais je n’ai pas non plus de temps pour vous faire des compliments.

J’avais prévu de chercher à convaincre. J’en reporte le projet. Je dois me contenter de vous informer et de vous dénoncer.

Nous ne voterons pas le soutien au gouvernement, vous le saviez. Nous serons le seul groupe dont aucun des membres ne votera ce soutien, je veux le souligner. Mais nous ne voulons pas être seulement votre opposition. Nous nous présentons comme l’alternative au monde que vous représentez.

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Un barrage peu en cacher un autre (Monde diplomatique – juin 2017)

L’ACCESSION de Mme Marine Le Pen, la candidate du Front national (FN), au second tour de l’élection présidentielle aura au moins eu pour vertu d’éliminer les prudences et rondeurs déontologiques qui d’ordinaire enrobent le discours journalistique. Et de donner à voir les grands médias pour ce qu’ils sont : une force politique, celle qu’on oublie de décompter dans les temps de parole. Un titre de Libération (6 mai 2017) a résumé la ligne de ce parti non déclaré : « Faites ce que vous voulez mais votez Macron ».

« Votez Macron », sinon quoi ? Comme en avril 2002, lorsque M. Jean-Marie Le Pen avait fait effraction au second tour, les directions éditoriales savaient impossible la victoire du FN (1). Elles n’en exécutèrent pas moins les figures imposées du chantage moral en jouant sur l’antiracisme sincère qui anime la grande majorité de la population française. « Ni-ni dimanche, Le Pen lundi », prévient la couverture de L’Obs (4 mai). «Ne pas voter Macron, c’est voter Le Pen ! », admoneste Franz-Olivier Giesbert (Le Point, 4 mai). Continuer la lecture de « Un barrage peu en cacher un autre (Monde diplomatique – juin 2017) »